MISSION II : LA DILIGENCE DE CROHN

Au profit de l'association François Aupetit

Chaque année, notre association choisit un défi sportif endurant et original pour soutenir une nouvelle cause, tout en respectant l’environnement. En 2019, nous avons navigué en canoë avec brio pour que les clowns professionnels de l’association Théodora apportent de la bonne humeur dans le quotidien des enfants hospitalisés.

En 2020, nous nous sommes lancés un nouveau défi afin de défendre une nouvelle cause !

JOUR 1

ILLUSIONS ET DÉSILLUSIONS

Remplis d’émotion, nous avons quitté la rue de Bruxelles ce matin pour rejoindre notre point de départ : le parc de l’Orangerie à Strasbourg.
Pour rappel, nous partons pour 600 km de rosalie entre l’Alsace et le Rhône, direction Lyon.
La première partie de la journée s’est passée paisiblement. 

Deux ou trois plans de drones sous le regard curieux des cigognes du parc. Intriguées par notre véhicule, certaines personnes s’arrêtent, écoutent, s’attardent, discutent. Notre stratégie fonctionne. Nous faisons la rencontre de Jean-Louis et Brigitte, un couple alsacien qui connaissent la maladie de Crohn. Le fils de Jean-Louis en est porteur. Ils nous font visiter Strasbourg et son parlement européen, agrémentant la discussion d’anecdotes étonnantes. Nous aurions pu passer la journée avec eux si nous avions eu le temps.

Mais n’oublions pas ce pourquoi nous sommes là : 80 km de rosalie pour rejoindre Fessenheim et son ancienne centrale nucléaire, fermée depuis trois jours.

Nous enfourchons notre véhicule haut de gamme et longeons le canal du Rhône au Rhin sous la douceur des platanes.

45 minutes plus tard… première crevaison.

10 minutes après… seconde crevaison.

Notre véhicule penche à droite, ce qui empêche la répartition du poids sur les pneus : les crevaisons s’enchaînent.

Pas le choix, il est déjà midi, il faut qu’on trouve une solution. A contre-cœur, on démonte notre diligence en deux. Nous finirons cette journée en vélo.

Cela n’empêche pas les crevaisons. Kévin, qui travaille avec la boîte de production Blackisland, devient notre assistance technique en plus d’être un excellent cameraman.

Nous arrivons en fin de journée à Fessenheim. Les jets d’eau d’irrigation du champ de mais voisin nous servirons de douche.

Demain, nous reprendrons les vélos, mais nous allégerons nos sacs : plus de tente (il ne faut pas qu’il pleuve), plus de vêtements (il ne faut pas que l’on nous sente), plus de réchaud (il ne fait pas que l’on ait faim ;-)).

Résultat des courses: 80 km, plus de rosalie, 6 crevaisons, plus de chambres à air, plus de rustines…
Nous verrons demain…

JOUR 2

UNE JOURNÉE DE CRISPATION LIÉE AUX CREVAISONS

Après une première journée riche en rebondissements, nous avons longuement discuté afin de trouver une solution pour pallier ce problème. Il fallait à tout prix trouver des chambres à air neuves afin de pouvoir réparer nos vélos. 
Nous nous couchons avec beaucoup d’appréhension concernant la prochaine journée.
En plein milieu de la nuit, nous sommes réveillés par la pluie. Je crois que la poisse nous suit, mais bon nous n’allons pas nous démotiver pour si peu.


Réveil difficile car nous avons très peu dormi ! Direction Super U, où nous avons pu trouver des chambres à air, la journée commence bien !
Nous prenons la route plus tard que prévu, mais tout se passe pour le mieux jusqu’à Mulhouse. Karim reçoit un coup de téléphone de Kevin de la boîte de production car il vient de crever sur l’autoroute ! Incroyable, quand ce n’est pas les vélos c’est la voiture. #chatnoir
Nous passons dans des endroits magnifiques : des grandes lignes droites au milieu d’une forêt, des pistes cyclables le long du canal.
Après 70 km, nous rencontrons Noëlle qui vient discuter avec nous pour savoir jusqu’où nous allons. Une vraie belle rencontre ! Selon elle, la vie est finie depuis le corona. Son dicton : « plus de guinguette, plus de kékette ».
Après plus de 90 km et aucune crevaison, nous trouvons une écluse et un coin d’herbe pour passer la nuit ! Il faut savoir que les écluses font partie intégrantes de la vie du canal ! 

Ce soir le moral est au beau fixe !!! Vivement demain en espérant ne pas stresser autant qu’aujourd’hui ! Nous sommes devenus paranoïaques !!! Les pneus et les chambres à air hantent notre esprit. 

JOUR 3

APRÈS L'EFFORT, LE RÉCONFORT

Les efforts de ces derniers jours ont été multiples. La peur de la crevaison était un effort mental, la réparation de roues et le vent de face étaient un effort physique. Aujourd’hui, l’heure est à la détente. Après avoir quitté l’écluse qui nous a servi d’hôtel cette nuit, nous traversons de magnifiques paysages le long du Doubs.


Notre vitesse de pointe avoisine les 25km/h, nous doublons des cyclistes. Certains nous suivent pourtant, profitant de l’aspiration pour se reposer tout en avançant. C’est le cas de Bert alias “Robert”, un allemand de 45 ans qui s’est lancé le pari fou de partir d’Allemagne pour aller jusqu’en Espagne à Santiago de Compostelle.
Une toute belle rencontre qui nous marque autant que les autres :
– Charly, lui, considère le vélo comme son passe-temps favori. Depuis quelques années, il enchaîne les périples : Besançon/Budapest, Besançon/Berlin et d’autres périples alimentent ses discussions et embellissent sa vie. Il semble heureux de pouvoir vivre ses aventures accompagné de sa copine, son père, son frère ou ses copains. Il partage sa passion avec des gens qui lui sont chers pour son plus grand plaisir.
– Thérèse et Maurice font ce genre de périple depuis toujours, ils sont retraités maintenant et profitent de leur temps libre pour arpenter les pistes cyclables de France et de Navarre. Maurice a fait le tour de France en suivant tous les cols imaginables en vieux vélo motobécane qu’il n’abandonnerait pour rien au monde.

Ce soir, nous dormons à 10 km de Besançon. Il a été compliqué de quitter cette ville qui nous a accueillis comme des princes. Merci au magasin « L’échappée », autant vendeur que réparateur de vélo avec qui nous avons bien sympathisé !Ce soir, nous dormons sur l’Eurovélo 6, au bord du Doubs !
Bonne nuit et à demain.

JOUR 4

EUROVÉLO 6, UNE ROUTE REMPLIE DE RENCONTRES

Un réveil idéal avec Séverine qui nous rejoint avec le petit déjeuner (pains au chocolat, croissants, jus d’orange, etc). Une rencontre superbe d’une ponote expatriée à Besançon. Après ce super moment, nous prenons la route en direction de Seurre qui est à environ cent kilomètres.


Nous roulons pendant plus de deux heures le matin à une bonne allure. Puis, nous rencontrons Veronica et Ully, des allemands qui descendent à Marseille. Nous discutons avec eux tout en roulant. Encore une rencontre exceptionnelle. Nos routes se séparent à St Vit car ils veulent prendre une pause.
Nous continuons notre route jusqu’à Dole, en passant par des paysages étincelants, des côtes à gravir avant d’arriver. Nous décidons de manger un bon plat du pays : tacos, frites et soda afin de recharger les batteries. 😂
Deux heures de pause, un luxe ! Nous allons vite déchanter… à moins de 200 mètres du point de départ, une huitième crevaison vient entacher notre périple. Changement de chambre à air et de la roue avant ! Une vraie misère. Quelqu’un nous en veut ? 
Nous reprenons la route vers 15h ! Nous décidons de rouler fort afin de se détendre. Puis au détour d’une écluse, un homme nous fait des signes. Il vient de crever mais il n’a pas de pompe. Nous allons lui prêter main forte. Pour nous remercier, Thierry décide de nous jouer de l’harmonica !
Plus que 30 km, plus que 20 km, plus que 10 km, nous devons arriver rapidement car nous avons organiser un live Instagram avec le directeur de l’AFA CROHN FRANCE.
Nous arrivons à Seurre à 17h50, le temps est compté. Nous faisons 2-3 courses puis le live débute.
C’était un plaisir pour nous de partager ce moment avec Alain et nous le remercions d’avoir pris du temps pour discuter avec nous.

Pour finir, nous trouvons un bivouac sur le bord de la Saône qui va nous servir de douche afin d’entamer cette dernière ligne droite en grande forme!!

JOUR 5

D'EMBUCHES EN EMBUSCADES

Hier soir nous nous sommes endormis paisiblement sous un couché de soleil aux couleurs multiples.


Le réveil magnifique nous a fait re-découvrir le lieu.
Réveil tranquille, tout nous a fait penser à une bonne journée, sans tracas. Après avoir mangé nous avons repris la selle avec le sourire.


Direction Chalon sur Saône pour midi. Nous enchaînons les km sans les regarder, nous chassons des cigognes pour nous occuper, nous pedalons sans vergogne pour nous entraîner. Les arbres défilent sur le côté de la route, nous croisons des péniches, des cyclistes, des passants, des coureurs, des familles, des habitués, des débutants, des amateurs, des professionnels, des marchands, des marchés, des marcheurs, des jeunes, des vieux, des fiers, des pieux, des nobles, des gueux, des allemands, des français, des d’ailleurs… D’ailleurs, l’euro vélo 6 héberge de nombreux voyageurs chaque année et se voit dépeuplée par la situation sanitaire. Nous ne sommes pas seuls mais les habitués savent que c’est une année étrange.

Nous, on est nouveaux, alors on profite de tout ce qui nous arrive. On profite quand ça nous est favorable, on la ramène moins quand c’est des mauvaises nouvelles.. Arrivés à Chalon sur Saône, mon vélo ne répond plus. Je pédale dans la semoule, rien ne fait avancer les roues..
Nous trouvons un réparateur qui n’ouvre qu’à 14h, il est midi.. Nous mangeons en croisant les doigts mais ça ne suffit pas… Les spécialistes sont formels: la roue libre est cassée. Mon pédalier tourne dans le vent, nous sommes bloqués ici. Notre rendez vous à Mâcon avec Theo  et Jules  risque d’être compromis. Theo nous rejoint pour la soirée, Jules fini le trajet avec nous.
Pas de problème, que des solutions, on prend un train pour être sur de les retrouver.

Le soir nous avons un live avec ridouan le chanteur du groupe @gensbonbeuravec qui nous avons de nombreux projets. Il nous concocte une chanson dans laquelle nous allons slamer. 
Nous passons un très bon bivouac et une excellente soirée en bonne compagnie. Nous avons une nouvelle roue !

JOUR 6

ENFIN UNE JOURNÉE NORMALE

Après avoir passé un super moment en compagnie de Ridouane, nous nous endormons avec cette magnifique mélodie dans la tête. Dans quelques semaines, cette chanson va devenir la BO de notre film.


Ce matin, dernière étape en solitaire, enfin pas vraiment, car Jules est parmi nous. Cela change notre quotidien, il prend des relais et nous passons un bon moment. Notre seul peur est la crevaison.
Après quelques kilomètres sur route, nous suivons la direction de notre GPS qui nous amène dans un chemin caillouteux… Le risque de crevaison nous hante. Nous décidons d’abandonner le chemin pour reprendre la route afin d’éviter les problèmes.
Trente kilomètres plus tard, nous arrivons à Villefranche-sur-Saône, notre dernière ville-étape.Nous sommes rejoints en fin d’après-midi par Karen, la copine de Karim, ainsi que ses parents.
Nous décidons d’aller au restaurant pour fêter un peu notre arrivée et la quasi réussite de notre projet.

La journée de demain s’annonce extraordinaire. Plus d’une dizaine de personnes nous rejoignent pour partager avec nous les 30 derniers kilomètres avant l’arrivée au Parc de la tête d’or ! 

JOUR 7

ARRIVÉE DE LA DILIGENCE DE CROHN

La dernière journée ne sera pas à l’image de ce périple. La bonne ambiance a chassé le manque de chance. La famille et les amis nous ont rejoint pour cette dernière étape à 8h30 à la gare de Villefranche-sur-Saône.


À part une petite crevaison avant le départ de notre gilet jaune, Néné, rien ne nous est arrivé.
Le beau temps de ce départ matinal a accompagné notre peloton toute la journée.Treize personnes se sont jointes à nous. Ce chiffre porte malheur il paraît, notre journée casse le mythe. Nous arrivons à midi à Neuville sur Saône. La convivialité perdure, nous sommes contents de revoir des visages amicaux qui nous posent des milliers de questions auxquelles nous répondons avec plaisir. Adrien de la boîte de prod ne nous lâche pas d’une semelle et immortalise tous ces moments.
Nous arrivons sans encombres au Parc de la tête d’or où Thierry, le trésorier de l’@afacrohn, nous attend. Il nous explique ce qu’est l’AFA et quelles sont leurs actions.
Nous sommes fiers de les soutenir, cette association offre de nombreuses solutions aux personnes atteintes de la maladie de Crohn. La cagnotte reste en ligne jusqu’à septembre, espérons que nous dépasserons les 4000 euros. Nous en sommes si proches.

Ce périple se termine avec des souvenirs de rencontres, de paysages et d’efforts. À l’année prochaine pour une nouvelle cause et un nouveau voyage !
Merci à tous de nous avoir suivi, n’hésitez pas à nous envoyer vos idées pour la suite

MERCI

Vous venez de vivre notre aventure qui a duré sept jours sur notre rosalie, mais qui a duré en réalité plus de neuf mois. Nous souhaitons remercier tous les sponsors, les partenaires, les bénévoles, Artémis, Manon, Gens Bons Beurs, Hip-Hop académie, la Couveuse de Chadrac, Black Island Production avec Jean-Christophe Sommer, Kevin, Adrien  et toutes les personnes qui sont venues à nos soirées et qui nous ont suivis pendant toute ce périple sur la vélo6. Nous remercions aussi l’association François Aupetit RCH France de nous avoir fait confiance sur ce périple.

MERCI A VOUS TOUS ! NOUS AVONS HATE DE RENOUVELER L’EXPERIENCE. CAR OUI, L’ASSOCIATION KASMADTRIPS VA SOUTENIR UNE NOUVELLE CAUSE !