Périple I

MISSION I : La Loire en sourires

Juillet 2019

Revivez le périple au jour le jour : les expériences, les rencontres, les efforts, les surprises, les joies, les peines, les doutes.

Retrouvez les 17 jours de l’aventure du château de la Roche (42) à l’arrivée à Nantes (44).

De la technique en passant par leurs marques de bronzage, suivez  au fil de l’eau l’évolution de nos deux kayakistes.

DÉPART FICTIF - UN MOMENT DE COMMUNION

Brives-Charensac (43)

Avant de partir pour plus de 15 jours le long de la Loire, nous voulions avoir un moment de communion avec toutes les personnes qui soutenaient le projet (sponsors, amis, famille, etc). La Mairie de Brives-Charensac (43) a accepté de nous accueillir durant tout une journée. Le matin, nous tenions un stand au coeur de la brocante afin de faire connaitre l’association. Puis l’après-midi, nous faisions notre départ fictif en partenariat avec le club de canoë-kayak de Brives-Charensac. 
Ces moments resteront gravés dans nos têtes !

JOUR 1 - LE DEPART

Le château de la Roche (42) - Roanne (42)

Ce matin, l’équipe Kasmadtrips est partie du château de la Roche en compagnie de la boîte de production Blackisland qui va réaliser le film de la descente.

Depuis janvier, Colin et Karim mettent tout en œuvre pour que ce projet au profit de l’association Theodora soit une réussite. Ils ont passé du temps, de l’énergie mais aujourd’hui ils y sont ! 

9h45 : départ du château de la Roche. Les premiers kilomètres que nous rêvions tant sont au bout de nos pagaies… Cependant, nous sommes vite revenus à la réalité à cause d’un vent de face et d’une eau stagnante…

12h30 : première pause au lac de Villerest où nous faisons la rencontre d’un couple fan de canoë qui se pose des questions sur notre canoë ONAK.

14h30 : nous remettons les affaires dans le canoë en mettant le canoë sur le chariot. Un long portage de deux kilomètres nous attend. Nous sommes passés par des chemins escarpés où nous avons eu du mal à passer mais l’important était de regagner au plus vite le fleuve.

16h10 : nous remontons dans le canoë après avoir contourné le barrage hydroélectrique de Villerest direction Roanne.

17h20 : nous débarquons le canoë sur la rive gauche juste avant le barrage. Un imprévu vient perturber notre descente, il nous manque un chargeur (mais pas que, Colin a besoin de Biafine). Une fois les courses faites, nous remettons le canoë sur le chariot pour contourner ce deuxième barrage.

18h10 : nous voulons nous éloigner de Roanne afin d’être tranquille pour installer notre bivouac.

19h: Nous trouvons un lieu adéquat pour passer la nuit.

Le bruit des grenouilles et des sauts de poissons vont donner l’ambiance de cette nuit. Après un repas consistant à base de riz, de soupe lyophilisée et de thon, il ne leur reste plus qu’à se servir un maté et à regagner leur hamac.

Après cette dure journée à lutter contre le vent et le manque de courant, ils avaient hâte de passer une bonne nuit pour reprendre la descente le lendemain matin aux alentours de 8h.

Durant ces prochains jours, leur vie sera un long fleuve tranquille.

JOUR 2 - EN PLEINE NATURE

Roanne (42) - Bonnand (03)

Le premier réveil en tente, le premier rangement de bivouac, la première journée complète. Ils sont encore novices. D’habitude ils enseignent, aujourd’hui ils apprennent.

7h15 : la fraîcheur du matin et la lumière des premiers rayons du soleil nous sortent doucement de nos hamacs. Après un maté, nous remballons le campement sous les yeux d’un pêcheur matinal, surpris par notre présence. Refaire les sacs est une tâche plus lourde que dans nos espérances !

9h : les muscles frais, réparés par une bonne nuit de sommeil nous hissent vers nos premiers kilomètres que nous avalons rapidement. Nos seuls spectateurs sont les hérons qui s’envolent lorsque nous les approchons et les vaches qui nous regardent passer en ne bougeant que la tête.

11h10 : vingt minutes de repos bien méritées avant de repartir pour deux nouvelles heures de navigation.

11h30 : cette fois-ci, nous sommes accompagnés de toutes sortes d’animaux : un sanglier traverse la rivière en face de nous, des cigognes volent au-dessus de nos têtes pour rejoindre leur nid… Et même une famille d’allemands qui faisaient le même tronçon que nous.

13h40 : nous avons faim. Nous avons besoin d’une pause pour reprendre des forces. Nous nous endormons pour une demi-heure de sieste.

15h : encore trois heures et nous sommes arrivés. Le but devient de zigzaguer pour trouver les endroits où le courant est le plus fort. Notre objectif est d’arriver à Bonnand. Nous savons qu’il nous faut traverser un pont mais ce dernier ne se fait pas voir.

18h15 : le pont ! Nous le voyons enfin ! Regain de tension et d’énergie, nous finissons par le passer. Notre canoë se bloque dans des rochers à cause du manque de fond. Peu importe, trop heureux d’arriver, nous sautons du canoë et finissons à pied. Un même en courant, pour arriver sur l’île qui nous hébergera pour cette nuit.

Une belle journée les précède, la deuxième d’une série de dix-sept. Ils ne savent pas encore s’ils arriveront à remplir leurs objectifs. Ils plantent leur campement et ils s’endorment sans trop d’effort, ils sont fiers et épuisés.

JOUR 3 - LES PIEDS DANS L'EAU

Bonnand (03) - Pierrefit-sur-Loire (03)

Au troisième jour, ils se rendent compte que leur descente va se faire à deux. Ils croisent peu de canoë, peu de gens aussi, chaque rencontre les met en joie. Ils profitent aujourd’hui de la faune et la flore de la Loire sauvage.

7h : nous ouvrons les yeux ! Un paysage magnifique avec le bruit de la nature qui nous entoure… Nous n’avons plus de barres céréales, du coup nous mangeons du riz pour prendre des forces.

8h30 : nous partons avec trente minutes de retard, nous ne sommes pas assez efficaces pour plier le bivouac et déjeuner en une heure, mais ça va venir. 

8h30-12h : nous dévalons la rivière à faible vitesse à cause du manque d’eau mais le paysage est magnifique. Nous contemplons la faune : lapins, vipères et oiseaux en tous genres. A coup de pagaie, de volonté et d’envie, nous arrivons à Digoin où nous devons réaliser un portage pour passer un pont. Nous sommes coordonnés et le portage s’effectue rapidement. Plus assez de nourriture et surtout dernière ville sur le bord de la Loire avant plusieurs dizaines de kilomètres. Nous décidons de nous ravitailler en ville.

12h30 : nous posons le canoë au milieu d’une petite île pour aller faire les courses, puis nous savourons toutes les cochonneries que nous avons achetées.

13h30 : c’est l’heure, nous devons reprendre la descente. Au bout de quelques kilomètres, nous rencontrons un couple de retraités suisses qui nous racontent qu’ils avaient fait la descente il y a quarante ans et qu’ils voulaient se rappeler des souvenirs. Magnifique ! Ils connaissent même l’association Théodora pour laquelle nous faisons cette descente. Les kilomètres se ressemblent, nous avons l’impression de ne pas avancer, mais le mental est là et c’est le plus important !
18h30 : nous trouvons une petite plage pour passer la nuit et s’offrir un joli coucher de soleil avant de reprendre la route direction Nantes. Première petite galère, notre réchaud est comme nous, épuisé. Tant pis, nous faisons un feu.

Il va falloir trouver des solutions, s’adapter et redoubler d’effort et de créativité. Si le troisième jour leur matériel est déjà défaillant, comment tenir deux semaines de plus ? La suite leur le dira…

JOUR 4 - JOUR À RAMER

Pierrefitte-sur-Loire (03) - Devay (58)

La quatrième journée fût la plus éprouvante. Des oublis, des galères, des fuites, de l’eau, du retard… La fatigue leur fait faire des erreurs qui leur coûtent de l’énergie, c’est un cercle vicieux.

7h : les grenouilles arrêtent de (nous) coasser (les pieds), les grillons prennent la relève, le soleil se lève, le monde se met en route et nous dormons. 

8h10 : panique à bâbord.

” – Gros, tu sais quelle heure il est ?

– Hhmmmm?..

– 8h10… Tout va très vite…”

Nous nous levons, nous courons, nous rangeons. Ronchons mais en route, prêts à rattraper le retard à grands coups de pagaie !

9h15-11h30 : la fuite !

Le canoë fait de la rétention d’eau, histoire de nous laver les pieds. Nous devons débarquer pour le vider, en prenant soin de sortir notre Smartcityzen.

11h30-11h40 : l’oubli ! 

Durant ces dix minutes, nous avons le temps de croiser un pêcheur rassurant qui s’intéresse à notre projet ! Le courant pousse agréablement notre bateau et soulage nos bras. Nous avançons vite, jusqu’à un arrêt net. Une prise de conscience soudaine ! On a laissé le Smartcityzen sur la plage ! Karim court dans les fourrés, se fait courser par des vaches, retrouve la plage et finit par revenir vainqueur. Le retard que nous avions rattrapé est à nouveau allongé d’une bonne demi-heure.

12h15-14h15 : pas le choix, il faut foncer ! Le courant nous aide à reprendre goût à l’aventure malgré les péripéties. Nous avançons à bonne allure. Nous doublons quelques canoës.

Tout va très vite… Nous nous levons, nous courons, nous rangeons. Ronchons mais en route, prêt à rattraper le retard à grands coups de pagaie !

Beaucoup d’allemands. Les français que nous croisons sont des pêcheurs locaux. Ce sont nos meilleurs guides. Ces fins connaisseurs de la Loire estiment le temps et la distance qu’il nous reste. Ils ne se trompent jamais sur leurs pronostics.

14h15-15h15 : pas le temps de niaiser ! Pause express, juste le temps de manger, faire un maté et on doit y retourner.

15h15-18h : ça pagaye sec ! On alterne les positions. Celui qui est à l’avant du canoë est celui qui force le plus. On fait des pauses pour vider le canoë.

18h : que du bonheur ! L’extase des derniers efforts se fait ressentir. Ça nous rappelle pourquoi on a décidé de faire ce périple ! La journée a été bonne, vivement la prochaine !

Les galères de la journée leur font apprécier l’arrivée. Cette journée est derrière eux, elle paraissait plus longue que les autres. Ce soir-là, ils font un feu et un campement digne de ce nom. Le festin qui accompagnera leur soirée fût bercé de fou-rires. La bonne fatigue corporelle, la nourriture copieuse, le paysage magnifique, la liberté du voyage et l’amitié qui les lie est un cocktail parfait pour leur redonner le moral.

JOUR 5 - L'ATTAQUE DES VIKINGS

Devay (58) - Nevers (58)

L’équipe Kasmadtrips continue de se lever tôt pour remplir leur contrat. Animés par leur mission, ils savent ce qui les motive : de nombreux enfants dans les hôpitaux continuent de s’évader grâce aux artistes de Theodora qu’ils ont décidé de soutenir. La motivation est telle qu’elle donne des ailes à leur équipe.

7h : réveil ! Les yeux sont gonflés, notre corps n’a pas forcément envie de se lever ! Seules les vaches qui nous entourent meuglent comme pour nous rappeler qu’il est temps de se lever…

8h : incroyable, nous enfourchons notre canoë ONAK pour envahir la ville de Nevers ! Les jours ne se ressemblent pas et la Loire non plus. Vent de face, très peu de courant, la journée s’annonce compliquée mais notre objectif est fixé : Nevers !

12h30 : première pause pour déjeuner. Nous ne changeons pas les bonnes habitudes : riz, maquereaux, maïs, thon et maté. Un vrai rituel s’est installé.

14h : nous sommes à mi-chemin entre notre départ et Nevers, mais nous savons que nous allons avoir du mal à pagayer au vu des conditions : peu d’eau, pas de courant et surtout un vent de face qui fait mal au mental. 

16h07 : nous croisons un pêcheur naturiste avec la canne à l’air.

– Bonjour! Excusez-nous, sommes-nous loin de Nevers?

– Cinq kilomètres environ, encore deux ponts !

– Merci ! Une question nous turlupine : est-ce que vous avez un slip ?

– Je n’en mets jamais dans la Loire.

Un fou rire éclate !

16h10 : nous avons notre destin entre nos pagaies ! A ce rythme-là, nous pouvons arriver à Nevers assez tôt pour pouvoir prendre une bonne douche, boire une bière et nous redonner de la force ! D’un coup, nous appuyons de plus en plus fort sur les pagaies. Un pont au loin, puis une cathédrale, nous y sommes ! Plus les jours avancent et plus nous arrivons à atteindre nos objectifs, ce qui nous donne encore plus de courage et d’envie.

17h : nous installons la tente au camping de Nevers. Nous prenons une douche, ce qui nous fait pas de mal. Puis direction la cathédrale, avant de finir dans un bar pour fêter notre arrivée et se faire servir un délicieux repas. Eh oui ! Les boîtes de conserves commencent à nous repousser !

Encore une journée de passée. L’équipe n’est pas au bout de ses peines, le lendemain s’annonce compliqué : ils doivent rejoindre le bec d’Allier, la jonction entre l’Allier et la Loire.

JOUR 6 - MI-PARCOURS

Nevers (58) - Poully-sur-Loire (58)

Après une soirée à Nevers, en ayant fait le plein d’énergie, les deux acolytes ont fait la connaissance d’Edouard, qui lui aussi a pour but de descendre la Loire.

Aujourd’hui, ils ont rendez-vous à Pouilly-sur-Loire pour passer une nuit en bivouac avec la famille de Karim. Ils n’ont pas le droit d’être en retard ! Sachant qu’ils doivent aussi retrouver Jean-Christophe (réalisateur du film) pour tourner des images du film.

6h30 : après un réveil compliqué, nous voilà partis pour la première épreuve de la journée : le portage du barrage ! Nos bras étant désormais des cuisses, ce fût une mission trop facile pour nous. Hier, affamés par la descente, nous avons décidé de déstabiliser notre estomac pour lui mettre un Japonais illimité dans la face. Nous l’avons largement rentabilisé et ça se ressent ce matin.

8h10-9h : à flot ! Nous devons rejoindre Jean-Christophe. L’impératif est de taille ! Le rendez-vous est au bec d’Allier, la rencontre entre l’Allier et la Loire. Nous avons environ une heure de pagaie et le rendez-vous est à 9h.

10h – 14h : le drone de Jean-Christophe nous suit sur plusieurs check-points. Il a l’air satisfait des images ! Nous sommes vraiment contents qu’il nous suive. Il nous confie que ses objectifs sont de diffuser au maximum le film qu’il fait sur notre descente. Nous ne pouvions rêver mieux ! Il nous suit avec sa voiture et nous retrouve au bec d’Allier, à Marseille-lès-Aubigny, où nous mangeons avec lui, puis à la Charité, un magnifique village qui vaut vraiment le détour.

14h-17h : nous bombardons. Deuxième rendez-vous de la journée ! La famille de Karim nous rejoint, ce qui nous donne du baume au cœur ! Ils arrivent à 17h15 à Pouilly-sur-Loire, la route est longue, mais l’objectif est lancé. Tels des bêtes sauvages, nous enchaînons les kilomètres à une vitesse fulgurante.

Nous doublons du monde et nous finissons même par croiser notre ami de ce matin ! Édouard qui finit avec nous. Il nous suit, jusqu’à ce que nous le plantons sans le vouloir dans une Loire sans fond. Nous rions, nous fonçons ! Il nous rejoint à Pouilly-sur-Loire pour boire un coup. Le timing est parfait, la famille de Karim est là ! Nous venons d’arriver. Le temps de faire un créneau avec le canoë devant le bar et nous y voilà.

Sur la Loire, aucun repère n’existe, pas de bornes pour les kilomètres, pas de panneaux pour les villes, les seules repères sont les ponts. Les ponts et Pouilly-sur-Loire, l’exacte moitié de la Loire, 496 km de la source et autant jusqu’à l’embouchure.
Cette étape prouve à nos aventuriers qu’ils avancent : malgré une journée compliquée, ils avancent.

JOUR 7 - DU VENT ET PAS D'EAU

Poully-sur-Loire (58) - Digoin (71)

L’équipe est reboostée au maximum grâce à cette soirée passée en famille ! Ils se sentent soutenus par de nombreuses personnes, leurs amis, leurs abonnés, leurs sponsors et leurs familles ! Rien ne pourra les arrêter !

6h45 : le réveil sonne ! Pas évident, mais nous voulons profiter au maximum de la famille de Karim. Cette nuit, de la musique au loin n’a pas arrêté de raisonner… Horrible !

7h : petit déjeuner en famille avec des gâteaux ! Ça faisait longtemps.

8h30 : départ, direction Gien à environ 60 km. Une longue journée nous attend. Nous disons au revoir à la famille de Karim et nous partons pour de nouvelles aventures.

9h : plus nous avançons, plus nous entendons la musique qui nous a réveillés cette nuit ! Une tente et trois personnes qui étaient déterminées à en découdre avec eux-mêmes.

12h30 : une pause s’impose! Notre ventre nous réclame à manger. Par malheur, nous nous arrêtons sur une plage qui donne sur une centrale nucléaire. Impressionnant et effrayant à la fois.

14h : après avoir mangé et siesté, nous reprenons notre chemin. 

14h30 : nous doublons des canoës avec qui nous discutons et qui nous expliquent qu’il faudra passer à un certain endroit au prochain pont pour ne pas atterrir dans les rochers. La pression monte un peu car nous n’avons pas le droit de nous renverser ! C’est notre règle la plus importante pour ce périple ! 

14h45 : le fameux pont ! Nous regardons les canoës descendre ce rapide. A notre tour de jouer, nous nous lançons, tout se passe bien, puis d’un seul coup nous prenons une vague qui remplit notre canoë d’eau. Calmement, nous regagnons la berge sans que le canoë ne se retourne. Nous sommes fiers de nous.

15h : le vent est insupportable. Il retarde notre avancée et le niveau d’eau est très bas. 

18h : nous réalisons que nous n’arriverons pas à Gien, mais ce n’est pas grave, nous avons fait quasiment 60 km. Un pont attire notre attention car un bateau le traverse. C’est un pont-canal !

19h15 : nous commençons à installer le bivouac quand Colin annonce qu’il a perdu son portable !

21h : Colin revient du pont-canal avec son portable.

Les aléas de l’aventure conduisent à des joies comme à des peines. Cette journée a été pleine des deux. Notre équipe a bien avancé mais ils s’endorment tant bien que mal ; les sacs ont pris l’eau et le feu n’a pas suffi à les sécher, juste à trouer les matelas.

JOUR 8 - À LA DÉRIVE

Digoin (71) - Châteauneuf-sur-Loire (45)

Cela fait maintenant une semaine que l’équipage parcourt la Loire. Et il n’ont pas chômé ! Sept à huit heures de canoë par jour, sans un jour de repos, pendant plus d’une semaine ! Rapide calcul mental : 7×8?.. 56! 56h de pagaie sans broncher !

La prochaine fois qu’ils vont entendre que les profs ne font rien et se plaignent, ils risquent de mal réagir ! Déjà environ 340km de parcourus en 8 jours.

7h : fin d’une nuit humide. Les duvets n’ayant pas réussis à sécher prêts du feu, nous avons dû dormir dedans. Au réveil, nos vêtements sont aussi trempés que nos duvets.

8h10 : départ glacé sous un vent doux. Le courant nous porte, nous avons un bon rythme.

9h10 : record battu ! 1h : 10km. C’est la première fois que nous faisons du 10km/h ! Nous arrivons à Gien, ville magnifique faite de pierres et réputée pour son pont aux 11 colonnes. Nous en profitons pour nous ravitailler. Et pas qu’un peu ! On dévalise le rayon maquereaux du premier magasin que nous trouvons ! Les sacs sont lourds de nourriture mais nous savons que ça ne durera pas. On est affamé ! 

10h30 : la pause ravitaillement fut très longue ! Il va falloir pagayer jusqu’à 14h si nous voulons rester dans nos objectifs. Deux heures chacun sur la place de devant ! C’est le deal, ça permet à l’autre de se reposer et donc d’être plus efficaces par la suite.

12h30 : la centrale de Dompierre. Pendant une heure, nous avons en visuel la centrale nucléaire de Dompierre. Le spectacle est impressionnant. Être si prêts de ces énormes volcans est une grande première. Nous avons le temps d’observer les ravages de l’homme sur la nature, car la Loire est droite sur toute cette partie. Arrivés au pied de la centrale, nous contournons le barrage avec un petit portage. 

14h : premier château d’une longue lignée ! Sully-sur-Loire et son magnifique château. Une plage est à ses pieds, nous nous laissons tomber dessus pour une micro-sieste de dix minutes et nous repartons !

18h : arrivée ! Une nouvelle plage nous accueille pour la nuit. Les duvets ont séché à midi. Il n’y a plus qu’à se lover dans son hamac et se laisser happer par la nuit.

Chaque journée les éloigne du départ et les rapproche de l’arrivée. L’embarcation tient la route, les problèmes sont derrière eux, l’eau continue d’être basse. Demain, ils essayeront de rejoindre Orléans pour manger.

JOUR 9 - LE MENTAL

Châteauneuf-sur-Loire (45) - Meung-sur-Loire (45)

À midi, l’équipe arrivera à Orléans et laissera derrière elle les premiers châteaux de la Loire ! À partir de maintenant, ils ne sont plus qu’à une heure trente de Paris en voiture. Ce serait s’avancer que de dire qu’ils sont arrivés, mais ils se rapprochent du but.

7h : les réveils sont de plus en plus durs, mais aussi de plus en plus frais. Difficile de se lever quand il fait froid, mais nous n’avons pas le choix.

8h30 : nous sommes en retard, un peu comme chaque matin, mais le soleil est présent pour nous réchauffer. Destination Orléans !

13h30 : la Loire nous réserve bien des surprises. Un manque d’eau considérable nous empêche d’avancer à notre allure habituelle (première frustration de la journée). S’en suit un portage difficile !

13h45 : pause déjeuner ! Nous choisissons à chifoumi celui qui devra aller chercher les tacos ahah. Karim gagne et s’en va chercher à manger.

14h30 : les tacos nous ont coupés les bras. La digestion va être difficile. Trente minutes de retard sur l’horaire prévu et surtout une folle envie de s’allonger. Nous partons en direction de Meung-sur-Loire ! De grandes lignes droites nous donnent l’impression de ne pas avancer (deuxième frustration de la journée).

18h : nous arrivons à Meung-sur-Loire, mais il nous faut porter une dernière fois le canoë pour arriver sur l’île que nous avons repérée. Nous tenons le bon bout.

18h15 : nous sortons le canoë en nous disant que c’était peut-être la plus dure journée que nous avons eue depuis le début de l’aventure.

Aujourd’hui, leur mental a été mis à dure épreuve, mais comme vous le savez tous, ce n’est pas les bras ou les jambes qui commandent, mais la tête. Quand on veut, on peut !

JOUR 10 - LE CASTOR ET LE MANGER

Meung-sur-Loire (45) - Blois (41)

Cette journée sera sous le signe de la tranquillité !
Un départ à 8h ça va tout changer !

7h : réveil ensoleillé. Notre nouvelle stratégie porte ses fruits ! On se couche plein-ouest pour que le soleil nous réveille et nous réchauffe le matin. Chargés de sa vitamine C, nous avons la patate. On range dans les temps !

8h : on est sur l’eau, objectif Blois ! Premiers coups de pagaie. Personne n’est réveillé, à part les fougueux aventuriers que nous sommes. Nous croisons de nombreux campements. Le bruit de nos pagaies dans l’eau ne suffisent pas à les sortir de leurs duvets. Le matin, lorsque le vent n’est pas encore levé, la Loire est lisse, comme un immense miroir : elle reflète les paysages que nous croisons. 

12h : un pont à l’horizon ! Nous le voyons depuis bien une heure au loin, mais il diminue peu. C’est comme une ligne d’arrivée lorsque nous le franchissons !

14h : parés au décollage. Nous sommes arrêtés dans notre élan par l’arrivée de deux canoës canadiens. Trois personnes débarquent à côté de nous. Le père, la mère et le fils. Ils font le même trajet que nous, mais en deux mois et demi. Ils sont partis en juin et veulent arriver mi-août. On n’a pas le même temps qu’eux, on reprend donc les rames et on file.

14h10-16h30 : les rapides. Dès qu’on a un canoë en ligne de mire, on ne peut pas s’empêcher de le prendre en chasse pour le plaisir de le doubler. Arrivés en fin de journée, nous aperçevons Blois au loin. Lili Viornay, une amie de la famille de Colin, habite dans les environs. Elle veut nous rendre service et nous donne rendez-vous à Blois pour nous donner des forces. Bananes et barres de céréales en poche, nous voilà repartis. Les ponts de Blois ont tous de bons rapides.

Devant nous, un gars en kayak avec son chien les passe avec succès. Nous faisons de même ! Il va lui aussi à St-Nazaire.

18h30 : bivouac. Nous recroisons Tony. Un kayakiste tranquille que nous doublons les matins et qui nous double les soirs depuis quelques jours. Il se laisse porter par le courant mais ne s’arrête que vers 20h30 environ.

Ils se rendent compte qu’ils ne sont pas les seuls à s’être lancés le défi.

JOUR 11 - BIENVENUE À WALT DISNEY

Blois (41) - Tours (37)

L’heure est au challenge. Maintenant que notre équipe connaît son véhicule, nos deux amis se lancent dans une compétition contre eux-mêmes. Réussiront-ils à faire 60 kilomètres dans la journée ?

7h : une routine s’est installée. Chacun reproduit ses tâches sans qu’elles ne soient pour autant attribuées. Nous savons qu’une dure journée nous attend, mais nous aimons les défis ! 60 kilomètres de canoë pour rallier Tours. Soit Orléans – Tours en deux jours et demi. La machine est rodée.

7h55 : nous sommes en avance pour la première fois depuis le périple, je crois que nous savons que la journée va être longue ! Le départ est lancé. Un défi ? On attend que cela.

10h : changement de place ! On est dans les temps, même en avance, mais rien de sûr… Il nous reste encore pas mal de kilomètres.

12h30 : nous sommes à Amboise, nos regards sont attirés par la beauté de ce château ! Nous décidons de nous arrêter plus loin pour manger car il nous reste encore des kilomètres.

14h : il nous reste environ 20 kilomètres, c’est-à-dire que nous avons parcouru 40 kilomètres ce matin ! Le canoë ONAK ne se serait-il pas transformé en Ferrari ? Ou bien nos bras en cuisses ? Personne ne le sait, mais nous avançons rapidement.

16h30 : nous ne voyons même plus le paysage qui nous entoure. Un seul but : Tours et sa guinguette. Seuls des naturistes perturbent notre avancée ! Sûrement des Allemands !

18h : c’est lui ! Un pont ! Nous sommes tombés amoureux des ponts car c’est le seul moyen de se repérer ! TOURS, ON ARRIVE ! Plus que quelques kilomètres pour rejoindre la rive gauche. Le défi est relevé ! Nous nous demandons comment nous avons fait pour être aussi productifs!

Chaque jour, ils se rapprochent de la fin. Ils ne se rendent pas compte de ce qu’ils sont en train de réaliser. La tête dans le guidon, à avancer jusqu’à Nantes.

Ils décident de prendre un demi pour fêter leur défi de la journée mais aussi pour se remémorer tous les moments depuis le début de l’aventure (les bons et les mauvais). Une chose est sûre, cette aventure au profit de l’association Théodora soudera et sera gravée dans leur mémoire jusqu’à la fin de leur vie.

JOUR 12 - UNE LONGUE JOURNÉE

Tours (37) - Chouzé-sur-Loire (37)

Hier soir, l’embarcation a découvert la guinguette de Tours. Les deux amis ont rencontré des personnes qui les ont emmenés dans un bar (canoë compris), puis le bar les a amenés à une heure du matin. Sans jamais savoir où ils allaient dormir !

Après avoir refusé de dormir sur un canapé, ils reprennent leur embarcation pour traverser la Loire sous les encouragements des buveurs de la guinguette. L’île Simon sera leur refuge pour la fin de la nuit. Pas le temps pour une tente, ils s’endorment face aux lumières de Tours !

7h : le réveil qui pique. Le réveil sonne mais aucun ne l’entend, nous finissons par nous lever sans trop se parler ; nous connaissons la chorégraphie pour remettre notre barque à flot. Mine de rien, on est à l’heure. Nous voilà en piste à 8h10. Incroyable performance !

8h10 – 10h10 : machines ! Deux heures de pagaie avant la pause, on est rodé comme des horloges. Notre corps connaît les efforts à fournir, nous sortons et entrons nos pagaies sur une parfaite coordination.

10h10 – 12h30 : baisse de régime. On ressent quand même la soirée de la veille, nous fatiguons plus rapidement et ne faisons que 25 km alors qu’on en faisait 35 les autres matins. Ça veut dire qu’on va devoir faire quatre heures cet après-midi.

12h30 – 14h : les rituels ne changent pas. Si notre corps connaît les efforts à fournir, il sait aussi quand les récupérer. Nous nous endormons à Langeais pour une sieste malheureusement trop courte… Comme toutes les siestes.

14h – 17h30 : Il faut foncer. On a quatre heures à faire, sauf si on va vite. Mais l’après-midi est très différent de la matinée. L’énergie n’est pas la même. On avance quand même à bonne allure, on sait que chaque kilomètre de fait n’est plus à faire. La musique nous motive, les panneaux solaires nous procurent de quoi ne pas être en panne de batterie !

Nous sommes ralentis par plusieurs ponts à passer. Rappel de la règle principale : pas le droit de se retourner ! Ce serait risqué de foncer, nous devons donc descendre et retenir le canoë par les cordes pour passer les rapides. 

17h30 : On l’a fait. On voit le pont tant attendu, nous le passons et nous nous arrêtons sur une plage. Un bon gros dodo nous attend.

L’arrivée se rapproche de jour en jour. Cette journée fut pénible pour nos deux amis, mais la joie et l’allégresse les aident à avancer coûte que coûte. Pas de pause pour les vrais. Il continuent vaillamment de progresser sur le long de la Loire, qui leur paraît maintenant familière.

JOUR 13 - BONHEUR OU MALHEUR

Chouzé-sur-Loire (37) - St-Mathurin (85)

Certains diront que le nombre 13 porte chance, pendant que d’autres pensent qu’il porte malheur.

7h : après une victoire de l’Algérie la veille ! Une des premières questions que nous nous posons : « 13 : est-ce que ce nombre va nous porter bonheur ? ».

8h10 : départ du bivouac. Nous ne savons pas si cela vient du fait que nous nous approchons de la fin ou que notre organisme est fatigué, mais nous n’avons pas le même rythme que les autres jours. Nous flânons, nous faisons plus de pauses et la bonne humeur est au rendez-vous, malgré les kilomètres qui n’avancent pas comme d’habitude. Peu importe, nous profitons de ces derniers jours car nous pensons qu’ils en restent plus que quatre.

9h30 : le canoë prend l’eau car nous avons mis trop de poids à l’arrière ; cela fait deux fois que nous nous arrêtons pour le vider. Visiblement, le 13 va nous porter malheur !

10h05 : nous découvrons deux magnifiques châteaux : Montsoreau et Saumur. Nous prenons le temps de graver ces images dans notre mémoire.

11h30 : quasiment pas d’eau après Saumur. Le sort s’acharne sur nous. Obligés de descendre du canoë pour le faire avancer.

12h30 : pause déjeuner. Le riz que nous avons cuisiné la veille a pris l’eau. Nous ne prenons pas le risque de le manger car des bactéries sont contenues dans l’eau de la  Loire à cause d’une algue. Nous commençons à cuisiner notre fameux cassoulet de Toulouse quand soudain, plus de gaz ! 

14h : nous sommes repartis.

15h30 : de nombreux bateaux de pêche nous entourent. Quelques kilomètres plus loin, nous voyons des chapiteaux. C’est un concours de pêche et pas n’importe lequel…
ci sont pêchés les silures ! Ce poisson que nous recherchons tant depuis le début de l’aventure. On décide donc de s’arrêter. Une piscine gonflable a été installé pour l’occasion. Elle renferme le silure le plus gros : 2 mètres 49 !

Une baleine. Heureusement que l’eau de la Loire est suffisamment trouble pour ne pas voir que nous pagayons ou que nous nageons à côté de ce genre de poisson. Nous avons bien rigolé en voyant cette animation. Puis nous reprenons notre chemin.

17h15 : le ciel se couvre. Mauvais présage ! Nous prenons une première averse qui ne dure pas. Dix minutes plus tard, un orage éclate au-dessus de nos têtes ! Nous décidons de rejoindre la berge pour nous abriter. Nous faisons la rencontre d’une famille belge et d’un ami à eux. Nous échangeons et blaguons durant une bonne demi-heure avec eux. Une superbe rencontre, des gens vraiment supers ! Avant de partir, Colin checke le petit Samuel qui a 5 ans.

17h45 : nous voyons le fameux pont qui marque notre fin de journée. Nous sommes tombés amoureux des ponts ! Avant de passer le pont, nous rencontrons quatre amis qui font du canoë et qui nous proposent de boire un coup avec eux au bar qui se situe sur la rive droite. On accepte volontiers, on boit un coup en discutant de notre descente et on partage avec eux un excellent moment avant de nous séparer pour aller monter le bivouac.

La journée se finit au top avec des rencontres passionnantes. Cette descente est avant tout un défi sportif pour la bonne cause, mais ils font des rencontres qui vont marquer leur aventure. Ils ne les reverront sûrement plus, mais ils partagent un moment de convivialité sans aucun jugement et à vrai dire, cela fait du bien car ils rencontrent des personnes vraies.
Prenez un canoë ! Essayez ! Le jeu en vaut la chandelle.

JOUR 14 -TROP FACILE

St-Mathurin (85)  - Chalonnes-sur-Loire (49)

L’arrivée est proche, les journées sont mois longues. L’équipe Kasmadtrips se laisse aller au gré du courant en profitant des jolies choses. Plus ils approchent et plus les rencontres sont agréables. C’est ainsi qu’ils arrivent sur l’île la plus grande de la Loire.

7h : hier, nous avons admiré un magnifique coucher de soleil à notre gauche, ce matin un très beau lever à notre droite. Une heure environ pour se préparer.

8h15 – 10h05 : à flot ! Tout se déroule comme d’habitude, le bruit des pagaies qui entrent et sortent de l’eau rythme notre matinée, nous avançons sans trop parler, nous sortons doucement du sommeil qui fût court, comme depuis maintenant treize nuits. Nous nous arrêtons pour changer de place vers 10 heures, nous croisons Antoine et son chien, un kayakiste solitaire. Parti depuis 25 jours avec son chien, il fait la même route que nous.

10h30 – 12h : plus de nouvelles, batteries faibles. Nous faisons un bout de route avec lui. Nous croisons un homme et son fils qui font une balade sur plusieurs jours. Ils ont un canoë canadien, bel ouvrage ! Nous discutons un moment jusqu’à ce que notre rythme l’épuise (nous sommes devenus des bêtes). Nous n’avons plus de batterie à cause du mauvais temps de la veille. Les panneaux solaires n’ont servi à rien. Nous sommes donc sur l’eau, sans heure ni carte. Nous ne savons qu’une chose : la ville que nous rejoignons s’appelle Bouchemaine. Au bout d’une heure, nous croisons des kayakistes :

” – Comment s’appelle ce village ?

– Bouchemaine. “

C’est gagné ! La joie est telle qu’on s’y arrête pour manger dans un restaurant. Le premier depuis bien longtemps.
14h : ventre plein, nous partons, repus. Ici, il y a beaucoup de cyclistes qui font le trajet le long de la Loire. Des pistes cyclables nommées “Loire à vélo” relient Nantes à Nevers sur près de 800 kilomètres. Il est même possible de rejoindre d’autres pistes qui permettent de rejoindre la mer Morte. Nous longeons l’île la plus longue de la Loire : l’île de Chalonnes-sur-Loire.

18h : arrivée sur une plage. Ici, les gens sont sympas. Ils ouvrent des bars associatifs nommés “Lenin café”, réputés pour sa matrone qui semble être un sacré personnage. Ils jouent aux boules de sable, une sorte de pétanque avec des boules en bois de quatre kilos.

La plage acceuillante héberge notre équipe pour la nuit. Les souvenirs de tout ce qu’ils ont déjà traversé les aides à s’endormir, demain ils pagayeront.

JOUR 15 - LE BONHEUR À L'ÉTAT PUR

Chalonne-sur-Loire (49) - Ancenis (44)

Rencontres agréables, la fin se rapproche et notre équipe decide de profiter de leurs derniers instants au fil de l’eau. Ce ne sont plus les mêmes journées qu’au début, mais la fierté est grandissante.

7h50 : réveil en douceur. Cela fait bien longtemps que l’on ne s’est pas levé aussi tard. Nous savons qu’il ne nous reste plus que 69 kilomètres à parcourir pour rallier Nantes en trois jours. Petit déj’ en musique ! Nous allons profiter de ces derniers jours.

9h15 : départ du bivouac. Objectif 30 km aujourd’hui. Nous avons le temps de profiter du paysage et des attractions des bords de Loire.

10h : nous voyons une exposition et plus particulièrement un tailleur de pierres avec une blouse blanche. Nous décidons d’accoster sur la plage de Montjean-sur-Loire. Nous regardons les magnifiques œuvres avant de discuter avec l’artiste. Il est en train de sculpter un magnifique poisson au côté de Mirza, sa chienne. Une très jolie rencontre ! Notre journée attaque bien.

11h : nous reprenons la descente direction St-Florent-le-Vieil. Nous rattrapons Jérôme et Axel, sur le magnifique canoë, avec qui nous avions sympathisé la veille.

12h : nous arrivons au fameux pont qui sonne l’heure du repas. Nous serons accompagnés de Jérôme et Axel avec qui nous allons passer un super moment.

14h40 : nous nous autorisons une pause de quasiment 3 heures, du jamais vu. Nous remontons dans le canoë en direction d’Ancenis, qui se situe à 12 kilomètres selon Axel (le fils de Jérôme est le roi de la cartographie).

16h : nous passons une petite digue où deux personnes sont en train de passer du bon temps ! Nous décidons de les saluer, mais ils sont occupés ! Notre passage ne les freine pas.

16h40 : nous arrivons à Ancenis où nous apercevons Jérôme et Axel. Le périple s’arrête là pour eux. Direction Nantes en voiture après avoir passé quelques jours entre père et fils. Nous discutons un peu avec eux avant de les saluer et de leur souhaiter un bon retour. Ils seront sûrement présents à notre arrivée à Nantes ! Nous trouvons ça génial.

17h : ravitaillement oblige ! On a décidé de fêter notre périple en avance car nos routes se séparent à notre arrivée à Nantes ! 

18h : nous fêtons notre aventure à 40 kilomètres de l’arrivée.

40 kilomètres avant l’arrivée, nos amis s’endorment heureux de ce qu’ils accomplissent depuis plus de deux semaines. Cette journée fût joyeuse, de quoi sera fait demain ?

JOUR 16 - FIN DU GAME

Ancenis (44) - Thouaré-sur-Loire (44)

Sur la même lancée que la veille et l’avant-veille, le mot d’ordre est “doucement les garçons”. Les deux membres de l’asso’ freinent au maximum leur avancée pour ne pas arriver trop en avance, car ils ont rendez-vous avec la boîte de production pour filmer les dernières images avant l’arrivée. Ils prennent leur petit-déjeuner sur la plage d’Ancenis. Un café, un chocolat, il est déjà 10 heures. 

11h : la citadelle de Champtoceaux. Une heure plus tard, première pause. Nous sommes dans l’ancienne citadelle, anciennement la plus grande de France. Elle fut dévastée par les bombardements de la seconde guerre mondiale. La plus grande est désormais Carcassonne. Une petite balade nous mène à un point de vue. Nous voyons la Loire de haut ! Impressionnant ce que les canoës sont petits vus d’ici. Ça nous rappelle que, cet été, deux fourmis se sont écartées de la fourmilière pour réaliser une jolie prouesse. Les fourmis, c’est nous. La prouesse nous l’avons presque terminée. On réalise qu’on est personne, juste deux petits gars motivés. Deux petits gars qui ont sacrifié une vingtaine de jours de leur été pour mettre en avant des gens qu’ils ne connaissent pas pour l’instant. Deux petits fous qui œuvrent depuis maintenant six mois pour les autres. Pour permettre à des clowns de venir faire sourire dans les hôpitaux des enfants qui luttent contre la maladie. Deux petits mecs qui se lèvent depuis deux semaines à 7 heures du matin pour endurer une journée très physique. Si tout le monde prenait un peu ce temps pour les autres, nous pourrions faire de grandes choses. Nous ne nous sommes jamais dit que ces dix-sept jours étaient une perte de temps, car nous savons pourquoi nous le faisons.

15h : La pause la plus longue du monde. Nous mangeons au restaurant et dormons sous les arbres. Notre prétexte, c’est la canicule. Il est vrai que la chaleur est écrasante. Il faut bien qu’on s’y jette. A force, on va perdre notre avance.
18h : tout le monde se retrouve. On recroise Antoine avec son chien ; il nous apprend que Tony est devant, qu’il nous a rattrapés avec son rythme lent, mais qu’il pagaye plus de 10 heures par jour. Nous apprenons que Edouard est à Nantes ! Nous sommes tous partis avec le même but et nous y voilà presque en même temps ! Il est temps pour nous de nous poser pour la nuit. On doit monter notre canoë au-dessus de la vase, la marée est basse. Ce serait bête de se lever demain sans bateau à cause de la montée de l’eau.

19h : dernier bivouac. On y est, dernière conserve, dernier feu, dernier maté, dernier sac de riz. Demain c’est l’arrivée ! Dernière nuit en tente, dernier dodo avant la douche, dernier coucher de soleil, dernier réveil aux aurores. Demain on termine ! Derniers instants en bord de Loire, derniers moments du voyage, derniers rires avant l’arrivée ! Demain c’est Nantes !

Il savent maintenant une chose : un peu de motivation peut faire de grandes choses. La preuve, le château de la Roche (leur point de départ) leur paraît tellement loin maintenant.

JOUR 17 - L'ARRIVÉE

Thouaré-sur-Loire (44) - Nantes (44)

A la rencontre des clowns. Ça y est ! L’aventure se termine. Ils n’ont pas vu passer ces dix-sept jours à pagayer au profit de l’association Théodora. L’arrivée qu’ils espéraient tant est à porter de mains, les derniers kilomètres avant de rencontrer les membres de l’association, retrouver la famille et plier le canoë pour rentrer à la maison.

8h30 : réveil un peu spécial ! Nous savons que c’est le dernier réveil et donc la fin de l’aventure. Nous sommes heureux, mais aussi nostalgiques : «  La première semaine fût longue puis, nous n’avons pas vu l’aventure passer. Tout s’est enchaîné très vite, trop vite… ». Nous plions le bivouac, fermons les sacs étanches une dernière fois.

9h45 : nous avons rendez-vous avec Jean-Christophe (la boîte de production) pour tourner les dernières images de notre arrivée afin de finaliser le reportage. Nous montons dans le canoë pour la dernière fois (c’est la journée des dernières). Les dix derniers kilomètres avant la fin du périple. Un peu comme la dernière étape du tour de France sur les Champs-Élysées mais avec moins de foule ! On savoure. La tâche s’annonce difficile, la marée monte et nous sommes à contre-courant.

10h30 : nous apercevons les derniers ponts à passer avant le ponton où nous avions donné rendez-vous aux clowns. Huit ponts, nous les comptons mais la marée est présente pour nous fatiguer une dernière fois comme si elle ne voulait pas qu’on l’oublie.

12h : plus que quatre ponts… Notre comité d’arrivée et nous-mêmes commençons à trouver le temps long ! Nous sommes impatients car nous ne savons pas qui va nous accueillir !

12h30 : deux ponts.

12h45 : le pont Anne de Bretagne est sous nos yeux, plus que quelques mètres !
Au loin nous voyons des gens nous faire signe et nous encourager en chantant ! C’est juste génial ! Il y a même deux clowns qui interviennent auprès des enfants hospitalisés ! Quelle belle surprise ! On savoure.

Le périple a pris fin le 25 juillet à Nantes. Après un peu de repos, l’association Kasmadtrips a reçu les données recueillies par le SmartCitizen (température, pression atmosphérique, niveau sonore, humidité, etc) sur les bords de Loire. Puis, pour finir cette aventure en beauté, le Ciné Dyke (cinéma du Puy-en-Velay) a diffusé leur film : la Loire en sourires. Une vraie fierté!
Pour clôturer cette première mission, l’asso Kasmadtrips a reversé 2 500 euros à l’association Théodora. L’équipage de ce périple espère que ce petit geste offrira des sourires aux enfants hospitalisés.

MERCI

Vous venez de vivre notre aventure qui a duré dix-sept jours sur le canoë, mais qui a duré en réalité neuf mois. Nous souhaitons remercier tous les sponsors, les partenaires, les bénévoles, Ingalawash, Manon, Guillaume, Pierrette Vandergroove, la mairie de Brives-Charensac et son club de canoë kayak, les parents de Karim, Jean-Christophe Sommer et toutes les personnes qui sont venues à nos soirées et qui nous ont suivis pendant toute cette descente en canoë. Nous remercions aussi l’association Théodora de nous avoir fait confiance sur ce périple.

MERCI A VOUS TOUS ! NOUS AVONS HATE DE RENOUVELER L’EXPERIENCE. CAR OUI, L’ASSOCIATION KASMADTRIPS VA SOUTENIR UNE NOUVELLE CAUSE !